« Elle voudrait s’ouvrir la peau pour lui montrer l’universelle couleur Benetton de son sang. »

Il faut beaucoup aimer les hommes

Marie DARRIEUSSECQ

Editions POL

Synopsis :

Une femme rencontre un homme. Coup de foudre. Il se trouve que l’homme est noir. «C’est quoi, un Noir ? Et d’abord, c’est de quelle couleur ?» La question que pose Jean Genet dans Les Nègres, cette femme va y être confrontée comme par surprise. Et c’est quoi, l’Afrique ? Elle essaie de se renseigner. Elle lit, elle pose des questions. C’est la Solange du précédent roman de Marie Darrieussecq, Clèves, elle a fait du chemin depuis son village natal, dans sa « tribu » à elle, où tout le monde était blanc. L’homme qu’elle aime est habité par une grande idée : il veut tourner un film adapté d’Au cœur des ténèbres de Conrad, sur place, au Congo. Solange va le suivre dans cette aventure, jusqu’au bout du monde : à la frontière du Cameroun et de la Guinée Équatoriale, au bord du fleuve Ntem, dans une sorte de « je ntem moi non plus ». Tous les romans de Marie Darrieussecq travaillent les stéréotypes : ce qu’on attend d’une femme, par exemple ou les phrases toutes faites autour du deuil, de la maternité, de la virginité… Dans Il faut beaucoup aimer les hommes cet homme noir et cette femme blanche se débattent dans l’avalanche de clichés qui entoure les couples qu’on dit « mixtes ». Le roman se passe aussi dans les milieux du cinéma, et sur les lieux d’un tournage chaotique, peut-être parce qu’on demande à un homme noir de jouer un certain rôle : d’être noir. Et on demande à une femme de se comporter de telle ou telle façon : d’être une femme.

L’avis de Ceriss :

Intriguée par la 4ème de couverture qui nous parlait d’une histoire d’amour mixte, je me suis lancée dans cette lecture, pleine d’espérances.

Ce roman fut pour moi comme un soufflé,  j’ai d’abord eu du mal à réunir tous les ingrédients. La première chose qui m’a perturbé fut le style bien particulier de l’auteur. Le temps de m’y habituer, presque d’apprécier celui-ci et là ce fut carrément  l’intérêt de l’histoire toute entière qui disparaissait,  mon soufflé s’affaissait irrémédiablement  !

Trop de choses m’ont dérangé pour que je puisse entrer dans cette histoire. Toute la description du monde d’Hollywood,  et l’énumération de ces prénoms célèbres les uns à la suite des autres, l’énumération de tous les travers de ce petit monde, le bling bling du monde du cinéma m’a profondément ennuyée. Je n’y ai trouvé que peu d’intérêt.

Alors c’est certain que l’auteur fait cela dans le but de faire un parallèle, même d’opposer ce monde à celui que notre héroïne va découvrir dans le Congo tant fantasmé par notre chère Solange si pleine d’espoir quant à l’évolution de son « histoire d’amour ».

Car mon deuxième soucis, après l’énumération de tous ces clichés dans l’opposition de ces deux monde, vient bien de cette Solange et de sa pseudo histoire d’amour…

Mon dieu quel ennui de suivre cette femme qui s’accroche inutilement à cet homme qui dès le début la fait marroner. Ça en devient pathétique et ridicule. Et du coup impossible pour moi de rentrer dans cette histoire.

Les pseudo-questionnements sur la mixité du couple sont pitoyables, difficile de croire qu’une femme amoureuse se pose ce genre de questions, méne ce genre de réflexion … j’ai personnellement beaucoup de mal à adhérer. En général, les personnes qui vivent des amours mixtes, n’ont jamais été ou, à l’extrème limite, sont déjà bien au-delà de cet état d’esprit.

On est ici dans l’histoire d’une « blanche » comme elle se définit elle-même, qui se tape un petit « Kouhouesso » pour l’ajouter à son tableau de chasse et qui a du mal à gérer tous ses stéréotypes racistes, et en aucun cas dans une réelle histoire d’amour sincère.

Voilà comme vous l’aurez compris je n’ai pas apprécié cette lecture, mais je suis quand même parvenue à la terminer.

Citations : 

« Rose dit : « Attendre est une maladie mentale. Souvent féminine. » »

« Vouloir se faire aimer de tout le monde plutôt qu’un seul, ça lui faisait comme un repos. »

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s