« Il parle comme ça mais il est pas méchant, dit-il. C’est juste une merde. »

Tu tueras le père

Sandrone DAZIERI

Editions Pocket

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Synopsis :

Non loin de Rome, un homme affolé tente d’arrêter les voitures. Son fils de huit ans a disparu et le corps de sa femme gît, décapité, au fond d’une clairière.
Le commissaire Colomba Caselli ne croit pas au drame familial et fait appel à un expert non conventionnel : Dante Torre. Aussi ironique que paranoïaque, il n’est pas un spécialiste en disparitions d’enfants pour rien. Kidnappé à l’âge de 6 ans, il a grandi enfermé dans un silo à grains avant de parvenir à s’échapper. Pendant des années, son seul contact avec l’extérieur a été son mystérieux geôlier, qu’il appelle « le Père ».

Et Dante en est sûr aujourd’hui : le Père est de retour…

L’avis de Ceriss :

Tu tueras le Père est un bon thriller, et ça c’est incontestable.

Une intrigue bien menée, le suspens tient effectivement jusqu’au terme du roman, jalonnée de rebondissements inattendus et imprévisibles.

Mais ce qui apporte une plus-value à ce thriller, c’est le duo d’enquêteurs formé par Dante & Colomba.

La grande réussite de ce roman réside dans ce duo émouvant & attachant, des êtres blessés par leur vie respective et qui vont se trouver et tisser un lien bien plus fort que l’amitié. Ils savent mutuellement comment pousser l’autre à dépasser ses limites, à donner son meilleur, à sortir de sa zone de confort et affronter ses peurs.

Elle lui sert de « chien-guide » et en contrepartie il est « son étui sur pattes ». Ils sont comme reliés par des antennes et peuvent compter l’un sur l’autre, se fier à l’autre les yeux fermés.

Je retrouverai avec plaisir ce couple d’enquêteurs hors du commun dans un prochain opus, bien que cette première enquête ne m’ait pas entièrement convaincue.

En effet, c’est justement là où le bas blesse dans ce roman, des coïncidences inexpliquées et inexplicables, nous contraignent à accepter parfois des nouveaux éléments sans nous poser de questions.

Il n’en reste pas moins que le suspens est ménagé jusqu’à la fin, fin qui a pris une tournure à laquelle je ne m’attendais pas vraiment.

Si certains passages, principalement au début du dernier tiers du roman, m’ont paru un peu longs et mous, j’ai par contre été totalement estomaquée et fascinée par le passage décrivant le « Désastre », je trouve que l’auteur nous livre une descripton d’une qualité exceptionnelle.

J’attends maintenant de lire Tu tueras l’ange pour me faire une idée plus juste de cet auteur que je découvrais.

Citations :

« – Si tu dois choisir entre gentillesse et honnêteté, opte toujours pour la seconde solution avec moi. Surtout pas de compassion.

– Parfait, parce que beaucoup de gens disent que je ne suis pas capable d’en ressentir. »

❤❤❤❤❤

« – Tu es végétarien ?

– Je suis resté en cage trop longtemps pour ne pas être horrifié par les élevages.

– L’homme a toujours mangé de la viande, je ne me pose pas de questions, répondit Colomba en portant à sa bouche un autre morceau de son tournedos Rossini.

– Si tu vas par là, il a toujours opprimé son prochain. Heureusement, notre intelligence nous permet de faire des choix. »

❤❤❤❤❤

« Et il ne réussissait toujours pas à rester en contact avec la réalité. Parfois elle lui échappait, comme du sable entre les doigts, et il se retrouvait dans la plus angoissante période de son passé. Dans ce qui pouvait être tantôt un cauchemar, tantôt une hallucination, le siège de la voiture devenait le fauteuil d’un cinéma où était projetée une synthèse de sa vie, qu’il voyait comme une succession d’instants tragiques et pathétiques. S’il avait eu l’impression d’être un héros, ou presque, lorsqu’il avait sauvé Colomba de l’incendie, les derniers événements l’avaient ramené à sa condition d’origine : celle d’un être dépourvu des capacités de survie les plus élémentaires, qui ne se sentait en sécurité qu’à l’intérieur de sa tête. »

❤❤❤❤❤

« Personne autour de cette table n’était naïf. Tous dans leur travail en avaient vu assez pour perdre confiance dans le genre humain. Mais ce que proposait Dante allait bien au-delà : il les faisait douter de ceux qui étaient à leurs côtés, de ceux qui se trouvaient au-dessus d’eux. »

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