« Nous aimions tous les deux la solitude et nous savions l’aimer chez l’autre »

A ma place

Claire HUYNEN

Editions cherche midi

Synopsis :

Pour ne pas me quitter vraiment, il avait pris ma place. « Ce qui me laissait plantée là, je n’arrivais pas à l’exprimer. Pourtant, j’en comprenais confusément le sens. C’était quelque chose de l’ordre de l’adieu. Pas à la maison. Pas à Franck, non plus. Mais à notre amitié. […] Je savais que nous ne nous retrouverions pas. Mais je restais fidèle. Pas à lui, mais à mon passé. À ce qui restait de lui en moi. Et, pendant toutes ces années, je n’ai pas voulu voir. Je n’ai pas voulu voir qu’il ne partait pas. Je n’ai pas voulu voir, alors qu’il évitait de me côtoyer, qu’il prenait place dans ma vie. Qu’il se glissait dans ma famille. Qu’il s’enroulait autour des miens. Qu’il occupait mes amis. Qu’il habitait mes engagements. Pour ne pas me quitter vraiment, il avait pris ma place.  » C. H.

L’avis de Ceriss :

Quand un amour s’en est allé…Tout le monde connaît ce refrain et beaucoup d’histoires ont été écrites à ce sujet.

Mais qu’en est-il lorsque c’est la fin d’une amitié ?

C’est le sujet du court roman écrit par Claire HUYNEN.

Un roman au style épuré, un style qui n’est pas pour me déplaire. Mais si le style épuré reste un plus, cette histoire n’est malheureusement pas assez développée. On a l’impression de lire un pitch bien tentant plus qu’un roman abouti.

La fin de cette amitié vieille de 15 ans entre Lise et Franck aurait mérité des développements supplémentaires ou approfondis.

Concernant l’histoire qui nous est contée, on découvre un ami malsain, qui au fur et à mesure va progressivement prendre la place de Lise dans le coeur de ses amis, puis de sa famille, pour terminer par prendre sa place au sein même de sa maison d’enfance.

Un roman confession, qui sonne juste, on est assez content que Lise soit finalement parvenue à s’affranchir de cette amitié néfaste.

Citations :

« En même temps, je n’ai pas beaucoup d’amis. C’est un mot que j’utilise précautionneusement. J’en connais la rareté. »

« Nous aimions rire, tous les deux. Le rire, pour nous, n’était pas un incident, une détente qui survient au hasard. C’était une activité physique dont nous raffolions et que nous pratiquions juste pour le plaisir du corps qui s’étrangler. Une gymnastique qui laissait épuisés et heureux. »

« Je n’ai pas aimé être enfant. Je ne m’intéressais qu’aux adultes et je voulais grandir. Vite. J’en ai gardé peu de souvenirs, comme d’une époque un peu honteuse. D’un vêtement qui ne m’allait pas. Franck m’a appris à aimer l’enfant que je n’avais jamais été. »

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