« Je m’ouvrais comme un livre, et elle n’en sautait pas une page. »

JENNY

Fabrice COLIN

Éditions Sonatine

Synopsis :

Cayucos, Californie. Dans une villa au bord du Pacifique, un homme désespéré remplit un cahier noir. Dans sa cave, ligotée, une femme obèse, à peine consciente. Avant de la tuer, l’homme veut raconter son histoire.

Quelques mois plus tôt… Un an après la disparition de sa femme, le chroniqueur Bradley Hayden est détruit. Il s’étourdit dans des liaisons sans lendemain via un site de rencontres. Un jour se présente une femme qui ne correspond en rien à la description qu’elle a faite d’elle. Jenny, 300 livres, QI redoutable, lui montre une vidéo de son épouse. April est en vie. Obéis-moi en tout, et elle le restera.
Dès lors, Bradley est contraint de suivre Jenny dans une épopée meurtrière.
Traqués par la police, ils sillonnent le pays, tandis que Ron, le détective privé aux méthodes zen peu conventionnelles, tente de retrouver April.
Pourquoi Jenny tue-t-elle ? A-t-elle choisi April au hasard ? Bradley pourra-t-il retrouver sa femme à temps ?
Entre passé et présent, scandales politiques et cavale meurtrière, déserts brûlants et cités labyrinthiques, un terrible compte à rebours est enclenché, aux portes de la folie.

Mon avis :

Une fois n’est pas coutume j’ai choisi cette lecture juste sur la couverture. Cette photo d’une femme de dos avec le symbole du cancer (et non un 69 😉) tatoué en bas du dos m’intriguait, j’avais envie de connaître son histoire. Le cancer est mon signe astrologique.

Le début du roman fut un peu laborieux, les personnages et l’intrigue sont longs à se mettre en place. Le style et les allers-retours dans le temps n’aident vraiment pas le lecteur à se repérer. J’ai bien failli me perdre à plusieurs reprises. Certains passages sont vraiment fastidieux…

« Nous avons étudié les mises en application les plus audacieuses de ce qu’on appelle désormais la thérapeutique de l’imagination matérielle dynamique. Nous nous sommes intéressés à la théorie relationnelle de la psychosomatique pour concocter notre propre système thérapeutique. Toujours avec moi ? « 

Ahhhhh nan là j’avoue ! Je lâche le morceau, mais bon heureusement je pense que faire abstraction de ces petits passages ne m’a pas empêché de suivre l’intrigue.

Il y a également des passages violents et du sexe. Ces passages concernent d’ailleurs Jenny. Car c’est bien elle le personnage fort du roman !

Forte à tous les sens du terme, par son caractère puisqu’elle a une détermination et une soif de vengeance à toutes épreuves et par son physique puisqu’elle est grosse, entre parenthèse j’ai d’ailleurs souvent du mal avec les descriptions des personnes obèses et les caractéristiques stéréotypés dont les affublent les différents auteurs que j’ai eu l’occasion de lire.

Jenny est tantôt un monstre, tantôt une bête, mais sous cette montagne de kilos il y a surtout un cœur humilié qui a souffert plus que ce qu’il est possible de supporter et qui pourtant n’a pas cessé de battre. Et petit à petit elle va lever le voile sur sa vie, et si au début elle paraît une femme atroce, il en va différemment lorsque l’on découvre toute son histoire.

Bref vous l’aurez compris pour moi seule Jenny vaut le détour dans ce livre. Et l’énigme qui gravite autour de Bradley et de la disparition de sa femme April est restée pour moi au second plan.

Citations :

« Parfois, le monde vient à vous, et vous avez l’impression d’avoir fait un pas. »

♡♡♡♡♡

« Je veux connaître les gens. Les connaître en profondeur. On est sur terre pour combien de temps ? Toujours moins qu’on le croit. Alors s’emmerder, on a pas le droit. Les convenances, les tabous – du poison, tout ça. »

♡♡♡♡♡

« Comment saurais-je ce que je pense avant de lire ce que j’ai écrit ? »

♡♡♡♡♡

« Je lui dis que j’éprouve un sentiment d’irréalité permanente. Que je ne suis plus capable de discerner ce qui est vrai de ce qui ne l’est pas. Elle écoute, les mains posées sur le canapé. « Le mot « vrai ». Dans quelle acceptation le considérez – vous ? »

Je médite sa question. Elle me prend de court. »Par exemple, au moment où nous parlons : ressentez – vous une menace ? Estimez – vous que nous sommes dans le vrai ? ». »

♡♡♡♡♡

« Parce que vous n’êtes pas fou, monsieur Hayden. Parce que « cauchemar » est le nom de l’endroit où nous vivons tous. »

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